Les résultats du recensement
Après un weekend magnifique pour la 22ᵉ édition du Grand Recensement des oiseaux de jardin, les participants ont profité du soleil pour observer longuement nos amis à plumes. Le taux de participation est supérieur au Grand Recensement de 2024, qui s’était déroulé sous une météo bien plus humide.

Quoi de neuf cette année ?
La mésange charbonnière, au même titre que les observateurs, a profité de la belle météo du weekend pour s’exposer à la vue de tous. En haut du podium, elle creuse l’écart avec la deuxième place puisqu’elle était présente dans 92% des jardins, contre 88% l’année dernière. Elle est suivie par le merle noir et le rougegorge familier, qui se disputent la deuxième place, la mésange bleue et la pie bavarde. Un top 5 similaire à celui de 2024, mais où le classement est différent.
Du côté des autres espèces, les ornithologues de Natagora constatent plusieurs records… à la fois positifs et négatifs. Parmi les oiseaux qui voient leur présence augmenter, la pie bavarde et le choucas atteignent leur maximum historique de fréquentation. En parallèle, d’autres espèces comme le moineau domestique, la tourterelle turque ou encore le verdier d’Europe poursuivent leur déclin et atteignent leur minimum historique d’observations dans les jardins wallon et bruxellois.

La présence en baisse de ce dernier se confirme tant en hiver qu’au printemps, sur l’ensemble de notre territoire, mais aussi dans toute l’Europe. À noter que le verdier d’Europe pâtit de la propagation de la trichomonase, une maladie parasitaire mortelle pour l’espèce, dont la transmission peut être accrue par la fréquentation des mangeoires. Le respect des conditions d’hygiène à ces stations de nourrissage artificiel est donc primordial pour ne pas favoriser la transmission de cette maladie contagieuse.
Le grosbec casse-noyaux largement au rendez-vous !
Observé dans près de 20% des jardins, le grosbec casse-noyaux confirme sa forte présence cette année. Cette espèce habituellement peu migratrice a tendance à faire irruption chez nous après une bonne période de reproduction dans le nord de son aire de répartition. Cette espèce arboricole profite des fructifications abondantes des arbres (par exemple, les hêtres ou les charmes) qui surviennent irrégulièrement dans son aire d’hivernage.
Cette forte affluence du grosbec avait déjà été remarquée à l’automne dernier par les ornithologues qui assurent le suivi des migrations. Le Grand Recensement des oiseaux de jardin de Natagora nous permet de constater que bon nombre d’individus de l’espèce ont fait le choix de rester chez nous pour profiter des ressources qu’ils y trouvent.
Des alternatives en faveur de la diversité
Le nombre moyen d’espèces d’oiseaux par jardin reste stable par rapport aux données des 20 dernières années. Les 10 espèces les plus courantes sont principalement des espèces généralistes adaptées aux paysages simplifiés issus de l’activité humaine. Une grande marge d’amélioration est possible, si l’on adapte l’aménagement de nos jardins ou nos techniques agricoles.

Opter pour un jardin naturel permettrait à tout un chacun de fournir le couvert à d’autres espèces d’oiseaux moins communes, comme le chardonneret élégant ou le bouvreuil pivoine, et de limiter l’utilisation de mangeoires susceptibles de véhiculer des maladies. À cet égard, de nombreux conseils sont disponibles sur le site du Réseau Nature.